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Ryuichi Sakamoto - Merry Christmas Mr Lawrence



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Quelques bases

Lundi 16 avril 2007 1 16 /04 /Avr /2007 13:19

Nouveau puzzle, nouvelle photo de moi à l’age de 8 ou 9 ans je crois. J’étais chez ma grand mère Nicou à ce moment là. La qualité de la photo n’est pas top, mais on ne peut pas tout avoir ! (Il serait peut être temps que j’ouvre un album photo moi ...)





Par Bambou - Publié dans : Quelques bases - Communauté : De la Vie
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Samedi 31 mars 2007 6 31 /03 /Mars /2007 15:01

Retour dans mon passé. Je replante le décor : mon père me présente (ainsi qu'a ma grand mère Nicou) sa nouvelle compagne "la femme de ménage" (qui est secrétaire dans une boite de son village) et sa fille "Mongola" (petit clin d'oeil à Elie Kakou).
Tout ce que je peux dire, c'est que Nicou n'a pas trop "accroché" sur sa nouvelle belle fille. C'est peut être pour ça qu'elle a gardé un aussi bon contact avec ma mère les premières années du divorce de mes parents. Elle qui adorait passer du temps à se balader avec son fils, elle était à présent obligée de se coltiner sa belle famille en permanence. Plus aucun moment d’intimité avec son fils adoré ...

Nous avons donc par la suite fait la connaissance de la grande famille de Marie Claire. C'est très simple, chaque vendredi et samedi soir (voir même dimanche et tous les soirs d'été), toute la famille se réunie chez les grands parents pour prendre l'apéro et on se retrouve très vite à 15 autour d'une table à vider des bouteilles d'alcool. Car ici, même les enfants de 12 ans boivent le cidre, le vin et le pastis.
C'est l'une des raisons pour laquelle j'étais considérée comme la "coincée du sud", car je le rappelle, nous sommes dans le département de la Somme à ce moment là et ma mère est partie vivre avec Guano sur la cote méditerranéenne (m'emmenant par la même occasion) et mon éducation ne m‘a pas appris à boire du pastis à mon age.

Mon père s'est remit à fumer par la même occasion (la cigarette mais également le cigarillos tout juste initié par Marie-Claire ) et a grossi d'environ 20kg en l'espace d'un an et demie (pas à cause de la bouffe, - d'après ma grand mère sa compagne ne sait pas cuisiner ce qui est un sacrilège dans ma famille- mais à cause de l'alcool, au point que Nicou croyait son fils préféré alcoolique).

Avec le temps, je ne passais plus aucun moment seul avec mon père, ce qui me manquait énormément, surtout que je ne le voyais que 15 jours par an. J’étais habituée à aller au parc et au Quick en sa compagnie, à jouer avec lui, à faire des pique-nique.
À présent, tout se faisait avec Marie-Claire et sa fille Marion. Résultat : nous passions notre temps chez les grands parents ...

Les premiers temps étaient amusant, je m’amusais à donner à manger aux poules et aux lapins, je regardais le potager ... Puis je finissais dans un coin du jardin à 100 mètres de « l’apéro ».
J’étais la « coincée du sud » et les cousins et cousines de Marion se moquaient sans arrêt de moi en disant qu’a 10 ans j’étais incapable de boire un verre d’alcool.

Quand la famille partait en pleine nature chercher des escargots pour les manger plus tard, j’étais la seule qui n’osait pas en prendre de peur de me retrouver face à une araignée ou un insecte répugnant.

Le jour où je fus le plus blessée, c’est celui de l’anniversaire de Marion. En réalité, nous devions fêter le sien et le mien le même jour. Sauf que personne ne savait que j’étais sur le point d’avoir mes 12 ans ... Tout au long de la journée, tout le monde couvra Marion de bisou en lui souhaitant une bonne fête et en lui offrant des cadeaux, moi je ne faisais que la regarder ...
Je pense que j’ai réellement commencé à la détester ce jour là.
Ce n’est qu’a la fin de la journée que j’expliqua rapidement à la tante de Marion que nous fêtions également mon anniversaire aujourd’hui. Elle alla en parler à tout le monde en disant que c’était dommage que personne ne le sache : je n’avais pas eu de cadeau ni de carte d’anniversaire et je n’avais pas soufflé les bougies.

C’est idiot, mais j’en ai beaucoup voulu à mon père ce jour là et le soir, j’ai beaucoup pleuré toute seule dans mon lit. Et pourtant, je ne lui en ai jamais parlé.

Par Bambou - Publié dans : Quelques bases - Communauté : De la Vie
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Mardi 27 mars 2007 2 27 /03 /Mars /2007 20:06
Ma grand mère arriva donc en France pour la première fois en 1960.

Il s'agissait à la base, d'un simple voyage afin de revoir ses enfants. Mais elle décida finalement de rester auprès d'eux, n'ayant pas la force de s'en séparer à nouveau.
Je lui demande souvent pourquoi elle n’est pas repartie avec ses fils . Et à chaque fois, elle me répond la même chose :
"Je n'aurai jamais eu la force de laisser mes enfants seuls à la maison. J'aurai eu trop peur de rentrer un jour et de les voir assassiner."
Elle décida donc de démissionner de son entreprise, qui lui proposa peu de temps après un job en Cote d'Ivoire. Ma grand mère était réellement intéressée, mais elle désirait se rendre là bas toute seule pendant quelques mois afin de voir si elle et ses enfants pourraient s'adapter à cette nouvelle vie. Mais pour ça, il aurait fallu que sa belle famille accepte de garder les enfants pendant ce laps de temps. Et ce ne fut pas le cas ...

Pour commencer sa nouvelle vie en France, elle s'installa à Pau. Elle n'aimait pas la France et l'Indochine lui manquait ... Elle me dit toujours :
"Je n'ai passé que 30 ans de ma vie en Indochine et j'ai des tonnes de chose passionnante à raconter. J'ai passé en plus de ça plus de 40 ans en France, mais par contre je n'ai rien de particulier à dire. Ma vie est trop monotone ici ..."

Niveau sentiment, elle passa sa vie à vivre pour ses enfants. Elle refusa de se remarier, n'acceptant pas l'idée qu'un homme puisse entrer chez elle et éduquer ses enfants. Elle eu des compagnons bien sur. Mais ils étaient tous mariés ! Elle ne voulait pas d'un homme à "plein temps".
Une fois, un de ses hommes annonça à sa femme qu'il partait en voyage d'affaire. En réalité, il partit une semaine sur son bateau seul avec ma grand mère du coté de la méditerranée.
Quand j’ai demandé à ma grand mère si elle n’avait pas peur de se faire voir par la femme de son compagnon, elle me répondit tout simplement :
« Tous les hommes de cette Terre sont infidèles, pas un seul n’échappe à la règle. Si une épouse était venue me voir, je lui aurai dit qu’elle n’avait qu’a surveiller son mari ! »

Oui, ma grand mère est comme ça ...

Elle est très indépendante et elle est persuadée qu’une femme n’a pas besoin d’un homme ou d’un mari pour vivre. Juste des enfants. C’est l’une des raisons pour laquelle elle n’a jamais compris le comportement de ma mère face à mon beau-père.
Par Bambou - Publié dans : Quelques bases - Communauté : De la Vie
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Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /Mars /2007 00:00
Et voici donc le premier épisode de la vie de ma grand mère demandé par JC. Elle a une vie bien mouvementée quand j'y pense ...

Nicou est née le 7 janvier 1930 à Saigon en Indochine. Ses parents possédaient une plantation à ce moment là du coté de Thudaumot (plus exactement à Hoa-loi) où ils habitaient eux, ma grand mère ainsi que ses deux soeurs et son frère durant les vacances scolaires. Le reste du temps, elle était interne dans le lycée Yersin de Dalat.

Malgré son appétit pour la vie de jeune fille célibataire (elle était (et l’est toujours d’ailleurs) la meilleure amie de la première dauphine de Miss Saigon !), elle se maria vers 19 ans et eu son premier enfant moins d‘un an après. Elle eu très rapidement trois autres garçons, dont mon père.

C’est à l’age de 25 ans qu’elle devint veuve. Son mari était aviateur et se fit bombarder par des Viet Minh alors qu’il avait à bord un journaliste américain qui désirait prendre des photos aériennes. Ma grand mère m’expliqua qu’on lui a interdit de voir son cadavre qui était en plusieurs morceaux ... Quand au journaliste, il parait qu’il n’est pas mort sur le coup et qu’on l’aurait achevé à terre.

Lorsque qu’il devint trop dangereux aux colons français de rester en territoire indochinois, ma grand mère envoya dans un premier temps, ses quatre enfants en France, chez sa belle famille. En effet, lorsque les Viet Minh lancèrent une alerte en disant que Saigon serait bientôt à feu et à sang, les entreprises françaises payèrent le rapatriement des enfants et des femmes des employées afin qu‘ils puissent être en sécurité.

Quelques mois plus tard, ma grand mère partit pour la première fois en France afin de revoir ses enfants lors d’un congé de 6 mois. Elle ne pensait pas que ce départ serait finalement définitif ...
Par Bambou - Publié dans : Quelques bases
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Vendredi 16 mars 2007 5 16 /03 /Mars /2007 00:00
Moins d'un an après sa rupture avec Muriel, mon père se trouva une nouvelle compagne. Celle ci portait le nom de Marie-Claire. Avec le recul, je suis persuadée que mon père à fait appel à une agence matrimoniale ou un truc dans le genre ... Et c'est également l'opinion de Nicou ...
 
Bref, j'étais en vacances avec ma grand-mère, à Marseille. Nous devions durant les vacances, prendre le train jusqu'à Amiens. Là bas, mon père devait nous récupérer et nous raccompagner dans sa nouvelle maison à deux étages avec jardin.
 
Quand nous étions que tous les trois, les vacances ne pouvaient être que superbe ! Nous passions beaucoup temps à visiter des châteaux, des parcs, des forêts ... Et nous organisions un pique-nique quasiment tous les jours.
 
À notre arrivée, ma grand mère commença à ranger les quelques aliments qu'elle avait apporté. Et elle fut étonnée de voir le frigo totalement vide ! D'après ce qu'elle me dit aujourd'hui, à chaque fois qu'elle rendait visite à mon père, le frigo était rempli et le ménage fait. C'était loin d'être le cas ce jour là ...
Elle demanda à mon père ce qu'il se passait, et il lui répondit simplement :
« -J'ai rencontré quelqu'un il y a quelques semaines et j'habite avec elle actuellement. J'ai l'intention de te la présenter demain midi, on est invité à manger ».
Ma grand mère est une grand mère un peu comme les autres (juste un peu ...), et l'idée que son fils préféré (elle a toujours préféré mon père à tout ses enfants et petits enfants réunis) lui présente une fille passe encore, mais qu'elle soit prévenue la veille juste en sortant de la gare, ça, ça le faisait un petit peu moins ...
Une conversation commença :
«  - Elle travaille ?
- Oui
- Elle a des enfants ?
- Oui, une fille.
- Quel age ?
- Cinq ans de moins que « Bambou », Marion n'a que 3 ans. »
Je vous abrège la conversation, de toute manière je suis sur que vous pouvez imaginer la scène sans problème.
 
Le lendemain, nous voila donc, Papa, Nicou et moi, sur la route du village de Marie-Claire et Marion : Airaines.
En arrivant dans le village, mon père tentait d'amadouer ma grand-mère :
« Regarde comme c'est joli ! C'est aussi tranquille qu'à la campagne, mais il y a quand même des petits magasins pour faire les courses si l'on ne souhaites pas partir dans un grand centre commercial ! »
Oui mais ça marche pas avec Nicou ... Déjà, elle aime les grands centres commerciaux. Elle aime la tranquillité mais elle n'aime pas les petits villages où l'on peut trouver à chaque coin de rue un banc de commère ...
 
Passons ...
 
Mon père se gare et on sort tous de la voiture. Il nous pointe une maison du doigt où l'on peut y voir une femme très moche avec des poils sous les bras et aux jambes, en short et en tongs avec des lunettes doubles foyers sur le nez en train d'étendre son linge.
Première chose que je dis à ma grand mère à voix basse :
«  - C'est la femme de ménage ! »
Mon père me reprit en disant :
«  Non non, c'est elle, c'est Marie-Claire ! »
Puis l'on voit une petite fille en train de jouer sur sa balançoire. Je m'imaginais déjà en train de m'amuser en sa compagnie quand elle se retourne face à nous. Puis je lâche un nouveau commentaire à ma grand-mère :
« Nicou t'as vu, c'est une mongole ! »
Oui, Marion est atteinte de trisomie 21. Vous voyez le film « Le 8e jour » ? Et bien c'est elle. C'est Marion. Vous allez sûrement me trouver méchante mais bon ... Le temps a fait que je n'ai jamais réussi à vraiment la supporter. Ni elle, ni sa trisomie, ni sa mère ...
Par Bambou - Publié dans : Quelques bases - Communauté : De la Vie
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Vendredi 16 mars 2007 5 16 /03 /Mars /2007 00:00
La période que je souhaite aborder aujourd’hui est celle où ma soeur habitait dans son studio près de la fac. Elle venait tout de même voir Maman et moi de temps en temps. Guano était agent de sécurité, de jour comme de nuit, ça dépendait des semaines. Quand il n’était pas là, Maman travaillait seule au vidéo-club.
Dans ces moment là, ma soeur et moi étions avec elle pour profiter de ces rares moments d’intimité entre mère et fille.
 
C’était un jeudi soir. Il devait être 23h environ ... Maman, Mel et moi papotions ensemble dans la cuisine. Mon beau père était parti au boulot depuis un petit moment déjà. je m’apprêtais à aller me coucher quand le téléphone sonna. Maman se leva afin d’aller répondre ...
Après avoir raccrochée, elle expliqua à ma soeur la situation. C’était le travail de Guano. Il devait commencer à 21h et pourtant ... Il n’était pas là bas. Ma mère commença à s’inquiétait comme n’importe quelle épouse ... 
Elle demanda à ma soeur de l’accompagner chercher son mari. Mel m’avoua bien plus tard qu’elle a hésité à ce moment là, entre aider ma mère à le retrouver, ou trouver une excuse bidon du genre :
« - Je peux pas, j’ai plus d’essence ... ».
 
Quand à moi, je suis partie me coucher, me disant que tout irait mieux d’ici demain ... Si j’avais su ...
 
Le lendemain, 7h du mat’, j’entend le réveil sonner et je me dis comme chaque jour :
« - J’ai pas envie d’aller en cours ... »
Je tâtonnais la table de chevet à la recherche du réveil tout en gardant les yeux fermés afin de profiter de ma nuit encore quelques secondes. Je n’eu pas le temps de l’éteindre, ma soeur le fit pour moi. Toujours à moitié endormie je lui dis :
" - Qu’est ce tu fais là ? T’es pas chez toi ? Où est Maman ?
- Je viens tout juste d’arriver. J’ai laissé Maman à l’hôpital, elle veut que je vienne la chercher vers midi.
- Qu’est ce qu’elle fait là bas ?
- C’est Guano, il a eu une hémorragie cérébrale et il est dans le coma depuis quelques heures."
Par Bambou - Publié dans : Quelques bases - Communauté : De la Vie
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Jeudi 15 mars 2007 4 15 /03 /Mars /2007 00:00
Je devais avoir 12 ans quand mon beau-père me mit dans le même lot que mon frère (tout comme ma soeur qui avait subit le même sort un an avant moi). Lot de quoi ? Bonne question, il n'a jamais voulu nous dire ... "Pourquoi". Mon frère c'est très simple, il avait fait pleurer ma mère en la quittant pour vivre chez son père à l'annonce de leurs unions. Mais ma soeur et moi ... Le courant passé bien pourtant au début...
 
Mel fut moins affectée que moi par tout ce qu'il s'est passé. À l'age de 19 ans, elle s'en alla vivre à la cité universitaire mais elle revint un an plus tard ... Pour repartir l'année suivante pour de bon cette fois ci, me laissant seule avec Maman et Guano.
 
Ce fut vraiment pas la joie tous les jours ... Je pleurais beaucoup, et je passais le plus de temps possible avec ma grand mère au téléphone afin qu'elle me console. Bien que ma mère passait son temps à insulter mon père quand il arrivait dans un sujet de conversation, elle garda toujours un très bon contact avec ma grand mère paternel, Nicou... Du moins pendant quelques années.
Quand je ne pouvais pas être au téléphone avec ma grand mère, j'écrivais sur mon journal intime. Enfin, je devrais plutôt dire mes journaux ... De mes 11 à 18 ans, j'ai eu pas moins de 8 petits cahiers de 296 pages chacun.
Je disais souvent les mêmes choses, que j’étais triste, que je me sentais mal, que je pleurais encore et encore sans pouvoir m’arrêter ...
 
Je me sentais mal au collège, j’ai toujours eu du mal m’intégrer dans une communauté. Mes résultats scolaires étaient en plus de ça en chute libre. À la maison je n’osai rien dire à ma mère, avec qui je n’avais plus aucun moment d’intimité ... Si je devais lui parler, c’était obligatoirement en présence de son mari. Comme je n’avais pas le courage de parler de mes mauvaises notes, je les signais moi même. Puis j’ai commencé à sécher les cours. Un véritable cercle vicieux ...
 
Plus le temps venait, et plus Maman oubliait que j’habitais encore à la maison. Elle ne faisait que rarement les courses, et quand c’était le cas, elle achetait des produits de marque pour elle et son mari. Par contre, il m’était interdit d’y toucher et elle me réservait (quand c’était jour de fête) un paquet de yaourt premier prix à emballage bleu totalement imbouffable (marque Melivie, pour vous dire si ça m’a marqué ...). Il m’arrivait souvent d’ouvrir les placards, le frigo et le congélateur en semaine, et de me rendre compte que les seuls trucs restant à manger, étaient des aliments leurs étant réservés.
 
C’est donc à 12 ans que je commença à faire mes propres courses. Je n’avais pas d’argent bien sur ... Ma grand mère m’en envoyait assez souvent d’ailleurs. Je devais recevoir environ 200 ou 300 francs de sa part par mois pour me payer quelques conserves. En plus de ça, une fois tout les deux mois je recevais un carton avec des conserves, des paquets de biscuit ainsi que des céréales pour le petit dej’ .
 
On pourrait se demander ce que faisait ma mère pendant tout ce temps ... C’est très simple...
Le matin, je me levais pour aller au collège.
Le midi, je ne rentrais pas chez moi et je mangeais avec une amie aussi paumée que moi dans le village où nous nous trouvions.
Je rentrais à 17h, je faisais la bise à ma mère que je voyais pour la première et dernière fois de la journée, ainsi qu’a Guano (ils travaillaient tout les deux au magasin alors qu‘une seule personne suffisait largement).
Ensuite je montais à l’appartement, et c’était tout. Je faisais mes devoirs, je me faisais à manger et je finissais devant la télé.
Le vidéo-club fermait à 21h et quand j’entendais la grille, je quittais le salon discrètement pour monter dans ma chambre afin d’y terminer la soirée.
 
Quand ma soeur était là, c’était exactement pareil ! On mangeait ensemble et après avoir entendu la fermeture du magasin, nous montions toutes les deux à l’étage.
 
Et tout ça à cause de Guano ... Il ne se montrait pas violent à ce moment là. Mais il nous insultait à voix basse en marmonnant dans sa barbe, il nous épiait, nous jetant des regards de travers quand on prenait un verre de jus de fruit ou encore il nous bousculait quand on passait à coté de lui ... Et bien sur Maman s’exclamait chaque jour
« - Il vous aime comme ses propres enfants ! »
Par Bambou - Publié dans : Quelques bases - Communauté : Notre combat au quotidien
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Mercredi 14 mars 2007 3 14 /03 /Mars /2007 00:00
Nous avons donc déménagé encore une fois, cette fois ci pour habiter au dessus de notre vidéo-club. Nous étions quatre, Maman et Guano ainsi que ma soeur et moi. De temps en temps Phil (mon frère) venait habiter avec nous quand il se retrouvait à la rue. Il a toujours été instable et change d'appart ou de travaille au moins une fois tout les six mois !
 
Il n'y avait que deux chambres dans cet appartement, et donc ma soeur et moi étions obligées de partager la notre. Ça ne nous a jamais dérangé. Depuis toute petite, je passais mon temps à me lever en pleine nuit pour dormir avec elle. Là au moins, je n'étais plus obligée de la réveiller pour qu'elle me fasse de la place puisque nous étions déjà dans le même lit. On rigolait beaucoup toutes les deux !
On se chamaillait sans arrêt allant même jusqu’a faire des batailles de coussin. Maman s’énervait tout le temps et venait dans la chambre pour crier ... Mais en entendant le bruit de ses pas, Mel et moi nous couchions aussitôt pour faire semblant de dormir.
 
Cette période aurait pu rester un bon souvenir s’il n’y avait pas eu mon beau-père, Guano. Tout c’est fait petit à petit, très lentement, au point que notre mère ne trouva rien d’anormal... Quand son mari commença à changer de comportement, seul mon frère était visé. Il n’y avait rien de catastrophique bien sur ... Juste des regards de travers, des insultes par ci par là quand ma mère avait le dos tourné et de manière à ce que mon frère soit le seul à l’entendre. Mel remarquait ce qu’il se passait mais ne faisait aucun commentaire. Moi j’étais trop jeune ... Guano était plutôt gentil avec moi, je n’avais aucune raison de me faire des idées ...
 
La première altercation se passa en été. Je n’étais pas là, probablement chez ma grand mère ou mon père. Mon frère dormait sur le canapé du salon juste à coté de la cuisine.
Pendant la nuit, il se leva pour aller boire un verre d’eau et c’est là qu’il croisa mon beau-père, dans le noir. Il n’eu pas vraiment le temps de réagir que Phil se prit un coup de poing. Toujours dans la pénombre, mon frère qui était à ce moment là un adepte de boxe française et anglaise, ne se fit pas prier pour se défendre.
Je ne sais pas vraiment comment tout ça c’est terminé, mais d’après mes souvenirs, ma soeur m’expliqua à mon retour de vacance que notre frère et Guano s’était battu.
 
Le plus « drôle » est l’excuse que notre beau-père donna à notre mère pour la bagarre. Apparemment, dans le noir, il avait pensé que mon frère était un cambrioleur ...
Par Bambou - Publié dans : Quelques bases - Communauté : Notre combat au quotidien
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Lundi 12 mars 2007 1 12 /03 /Mars /2007 00:00
La relation entre mon père et Muriel ne dura pas. Et c’est tant mieux ! Je ne vais pas rentrer dans des détails sans importance, mais pour expliquer vite fait, elle me faisait toujours des misères. Quand Térence m’embetait, c’était toujours moi qui prenais pour lui. Je n’ai jamais autant regretté d’avoir les cheveux long ... À chaque fois elle s’amusait à me les tirer pour me punir. Par contre, interdiction de crier ou d’en parler ... Et moi, naïvement, je ne disais rien même si je pense que mon père savait tout ce qu’il se passait.
 
L'été de mes huit ans, nous avions décidé de passer quelques jours chez ma grand mère, tous ensemble. Ma grand mère avait pour habitude de m'appeler "pupuce" à cette époque, un gentil surnom qui énervait la compagne de mon père ... D'ailleurs elle ne se cacha pas de lui dire à table le jour de mon anniversaire.
" - Vous n'en avez pas marre de dire "ma pupuce" ?! Vous trouvez pas que vous êtes un peu vieille pour ça ? Vous ressemblez à une vieille mémé gâteuse !"
Je ne me souviens pas de grand chose. Mais je sais que ma grand mère lui ordonna de partir, elle et son fils, dans l’heure qui suit. Malheureusement ... Mon père devait repartir aussi (je rappelle que ma grand mère est de Marseille, et mon père était sur Amiens). Quand à moi, je suis allée dans les bras de Nicou (ma grand mère, autant dire son surnom) en lui disant que je voulais rester avec elle. Muriel ne put s’empêcher de faire encore des réflexions en me disant :
«  - Petite fille indigne !! Tu n’as pas honte de laisser ton père ?! Tu mériterais une bonne tarte ! »
Mon père n’a rien dit... Aucune remarque de sa part. Ma grand mère attrapa Muriel par le bras et lui dit calmement :
«  - Touchez à ma petite fille et vous c’est une poêle à frire que vous allez recevoir. »
 
Je n’ai plus jamais revue Térence et sa mère depuis ce jour, et je m’en porte pas plus mal... Je revis mon père quelques semaines après. La première chose qu’il m’avoua fut sa rupture avec Muriel. Je lui demanda simplement « pourquoi » et il me répondit en une simple phrase :
«  - Elle était méchante. »
Par Bambou - Publié dans : Quelques bases - Communauté : De la Vie
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Dimanche 11 mars 2007 7 11 /03 /Mars /2007 00:00
D'après ma grand mère, j'étais tout pour mon père après le divorce. Je n'avais même pas 5 ans quand c'est arrivé et  je n'ai que peu de souvenir.
 
Papa loua un T1 pendant un an ou deux. Il n'avait pas de lit à ce moment là, donc on dormait tout les deux sur le clic-clac quand j'étais chez lui. Le tribunal avait décidé que je passerai un week end sur deux chez lui ainsi que la moitié de mes vacances scolaire jusqu'a ma majorité. Je me souviens du moment où il était célibataire. C'est peut être égoïste de ma part de penser ça mais ... C'est la période que j'ai préféré en compagnie de mon père. Dommage qu'elle fut si courte !...
 
La journée, nous passions notre temps au parc qui était à une centaine de mètres de chez lui. On jouait souvent ensemble. Il m’initia aux jeux vidéo et m’acheta une tonne de livres sur les dinosaures et l’astronomie. L’astronomie et les jeux vidéo sont restés une passion depuis. Chaque dimanche soir, il m’emmenait au Quick d’Amiens en guise « d’au revoir ». Je le voyais tout le temps triste à ce moment là et j’avais mal pour lui même si mon esprit de petite fille de 6 ans ne comprenait pas pourquoi une telle tristesse l’accablait sans relâche. Après le repas, Papa me raccompagnait chez Maman. Il garait sa voiture dans la rue, puis il me prenait dans ses bras pour que je sois assez grande pour sonner à la porte. Maman l’invitait toujours à prendre un café.
 
Ce fut comme ça durant plusieurs mois.
 
De temps à autre pendant les vacances, ma grand mère de Marseille venait nous rendre visite. Je suis sa seule petite fille malgré ses 4 garçons. Sur les trois autres, l’aîné n’a pas de compagne ni d’enfant, l’un à un garçon qui ne donne jamais de nouvelles, quand au dernier ... Il a un garçon et une fille de mon âge mais ça fait des années qu’ils ont coupé tout contact avec la famille. J’étais donc la petite fille adorée de ma grand mère et  je le suis toujours d’ailleurs ...
 
Un jour, sans comprendre pourquoi, mon père vint me chercher chez ma mère comme chaque Samedi et m’expliqua que l’on ne dormirai pas chez lui le soir même. Il me présenta sa nouvelle compagne Muriel ainsi que son fils Térence qui avait le double de mon age.
 
C’est à partir de ce moment là qu’une distance s’installa entre mon père et moi. J’étais petite, et pourtant je souffrais de voir cette femme et ce fils prendre ma place. Les quelques fois où j’avais ma grand mère au téléphone, je lui expliquais que je pleurais souvent à cause de cette nouvelle famille, et elle interprétait ça comme la jalousie que peut ressentir tout enfant vis-à-vis de son père.
 
Je n’avais que 7 ans le soir où Térence toucha et souilla mon corps de petite fille. Je savais que c’était « mal » et pourtant ... J’ai gardé ce secret en moi, ne voulant en parler à personne. Et chaque week end, je priais pour que mon père me dise que c’était terminé, que l’on ne dormirait plus jamais chez Muriel et son fils... Mais le rituel continua encore quelques mois ...
 
Un dimanche soir, Muriel avait insisté pour me raccompagner chez ma mère. Mon père se gara, et au moment de sortir de la voiture, elle s’énerva en expliquant que je pouvais continuer le chemin à pied. Ce fut la première fois que mon père me laissa partir toute seule dans la nuit. Arrivée chez moi, je fus trop petite pour atteindre la sonnette et je me contenta de taper la porte de mes petits poings. Quand Maman m’ouvrit la porte, elle fut étonnée de me voir seule et en larme.
 
Quinze jours plus tard, le moment de me préparer pour retourner chez mon père était venu. Je pleurais encore, suppliant Maman de ne pas me laisser partir et de me garder avec elle.
 
Je ne vais pas continuer à rentrer dans les détails. Pour finir le « chapitre », ma mère appela ma grand mère paternelle pour comprendre ce qu’il se passait. Apparemment Térence avait raconté à ma grand mère que je me déshabillais devant lui et le forçait à me toucher ...
 
Même avec les années, je n’ai jamais osé reparler de ça à ma grand mère. J’aurais pu lui expliquer ma version des faits ... Manque de courage, honte, dégoût ... Tant de facteurs qui font que je préfère oublier tout ça et me dire que ce n’est qu’un mauvais rêve.
Par Bambou - Publié dans : Quelques bases - Communauté : De la Vie
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